Une star de la NBA a-t-elle porté un t-shirt souhaitant la mort aux antivax ?

Le joueur de basketball Draymond Green, star du championnat américain, aurait été aperçu avec un t-shirt au slogan « et puis m*rde, mourez-donc » à l’intention des sceptiques des vaccins. En réalité, la t-shirt a été photoshopé et la star de NBA a été victime des « t-shirt bots ».

« Fu*k it, die then » ou « et puis m*rde, mourez-donc » en français. Voilà le message radical prononcé par une seringue cartoonisée, imprimée sur le t-shirt du joueur américain de basketball Draymond Green. Tout sourire, le basketteur semble s’adresser aux personnes qui doutent des vaccins, les renvoyant à leur mort si ces dernières continuent à être sceptiques.

Sans surprise, la photo, publiée sur Twitter mardi 28 septembre, est devenue virale sur les réseaux sociaux, notamment parmi les fans de basket. Le post original compte près de 19 000 interactions, mais sur la page facebook Basketball Forever, aux 3,5 millions d’abonnés, la photo republiée le soir même a touché deux fois plus d’internautes.

La crise sanitaire au cœur de la saison NBA

En description du tweet, on peut lire le hashtag #NBAMediaDay, en référence à la journée de rentrée médiatique de la saison de NBA. Avant de retrouver les parquets le 20 octobre, chacune des trente équipes du championnat avait rendez-vous ce mardi avec les médias internationaux. Histoire de présenter leurs dernières recrues, d’afficher leurs nouveaux maillots bientôt commercialisés et de répondre aux questions des journalistes, qui, cette année, étaient tournées vers le protocole sanitaire strict de la NBA. Celui-ci n’impose pas la vaccination, mais promet des retenues de salaire aux joueurs en cas d’absence sur le terrain. L’accès à la plupart des arènes sportives du pays étant conditionné à un pass sanitaire, les joueurs rétifs seraient donc interdits d’exercer.

Si 90% des joueurs de la ligue seraient vaccinés, soit à peu près 475 sur 530 comme l’estime le journaliste spécialisé Shams Charania, certains joueurs expriment encore des doutes quant à la vaccination. En tête de gondole, le joueur de l’équipe californienne des Golden State Warriors et coéquipier de Draymond Green, Andrew Wiggins, a même demandé à la ligue d’être exempté de vaccin, en invoquant des raisons religieuses. Dérogation refusée, qui devrait signer la fin de sa saison.

Image photoshopée

Pour Draymond Green, porter un tel t-shirt reviendrait à critiquer ouvertement son coéquipier devant la presse. Cela semblait trop gros pour certains internautes qui crient à la retouche dans les commentaires. Un œil averti en Photoshop remarque en effet que la zone grisâtre qui entoure l’aiguille de la seringue est le signe d’une mauvaise retouche. Une rapide recherche inversée sur Yandex (l’équivalent russe de Google) permet de retrouver la photo originale, publiée par la journaliste américaine Rachel Nichols à l’occasion d’un match entre les Warriors de Golden State et les Thunder de l’Oklahoma, en février 2017. D’autres photos et vidéos attestent d’ailleurs que Green portait bien, ce jour-là, un t-shirt avec un cupcake orange et bleu.

L’auteur des retouches ne s’est pas vraiment caché. Il s’agit de Leif Linderman, un utilisateur dont le compte Twitter regorge de montages politiques qui raillent les antivaccins ou Donald Trump. Ici, il a décidé de reprendre un motif du dessinateur Art Fuentes, dont la signature « ARF » est reconnaissable en bas à droite de la seringue. « Je suis juste un fan de longue date des Warriors et j’ai apprécié le dessin d’Art Fuentes. J’ai fait ce montage pour faire rire mes dix amis sur Twitter », explique-t-il.

Art Fuentes révèle que son dessin date de 2018. Dans la bulle d’origine, il était écrit : « on s’en fout », mais l’artiste a modifié le texte le 11 août 2021 avant de le republier sur son compte Instagram. « J’en avais marre d’entendre les pleurnicheurs se plaindre de ce vaccin », nous confie-t-il.

Les « t-shirt bots » en action

Imprimé sur des t-shirts, son dessin est depuis disponible à la vente sur son site, mais aussi sur un certains nombre d’autres vitrines marchandes : tshirtatlowprice.com, redbubble.com, teepublic.com ou encore viralstyle.com. Ces boutiques en ligne, peu scrupuleuses, sont au cœur d’un système de contrefaçon totalement automatisé qui bafoue les règles du copyright, comme l’a analysé la BBC dans son article « Voici comment des robots volent des oeuvres d’art sur Twitter ».

Des robots (bots, en anglais) parcourent la Toile et repèrent les images les plus partagées par les internautes. L’image est « aspirée » par un algorithme d’intelligence artificielle et la production de vêtements, de coques de smartphone et autres produits dérivés en tous genres est automatiquement lancée. Malin.

Quelques secondes après avoir publié son dessin sur twitter, Art Fuentes a remarqué des dizaines de commentaires émanant de faux comptes, faisant la pub de son t-shirt en vente sur d’autres que le sien. « Je ne comprends pas comment ça marche, mais ces robots me désespèrent », se désole l’artiste originaire de San Diego, qui n’a pas réussi à supprimer ces commentaires malveillants.

De son côté, la star de basket Draymond Green a lui-même réagi sur son compte Instagram. Mercredi 29 septembre, il postait la version originale de la photo avec le commentaire : « Ils vous ont eu, ne croyez pas que ce que vous voyez. Je vais porter plainte ». À malin, malin et demi.

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