Quand les jeux-vidéos jouent avec l’histoire

Avec la sortie du nouvel opus de la saga Assassin’s Creed ce mardi, la question de l’authenticité historique des jeux vidéos se pose à nouveau

“On prépare l’ultime fantaisie viking”, annonçait fièrement Julien Laferrière, le producteur d’Assassin’s Creed Valhalla, dans un communiqué de presse en mai dernier. Pour la réalisme historique sur les épopées des peuples nordiques, il faudra repasser. Le nouvel épisode de la saga d’aventure Assassin’s Creed, disponible à la vente en ligne aujourd’hui, est la dernière création des studios d’Ubisoft Montréal. Le célèbre jeu vidéo, dont le principe est l’immersion dans une période historique, est le premier à exploiter la puissance graphique des consoles nouvelles générations disponible dès aujourd’hui pour la Xbox série et jeudi 19 novembre pour la Playstation 5. À l’instar d’autres franchises établies comme Battlefield ou Age of Empire, les jeux vidéos historiques agitent souvent l’argument de l’authenticité pour satisfaire les joueurs passionné d’histoires.

Parmi les mordus d’histoire, Jean-Michel, un enseignant de 25 ans, avoue avoir passé “plus de 500 heures” sur Total War, un autre jeu vidéo de stratégie basé sur des faits historiques. Pour lui l’immersion est l’intérêt principal : “Avec un jeu aussi précis historiquement que Total War, j’ai l’impression d’être un général qui observe ses armées et qui excelle dans la stratégie”. Et de continuer : “Par contre, je ne joue à Assassin’s Creed que pour m’amuser parce que je sais que les références ne seront pas fiables à 100%”.

Plus tranchée, Amélie, une artiste de 29 ans également abonnée à la revue L’Histoire, fait la part des choses entre jeux-vidéos ludique et historique : “Ce qui m’intéresse c’est de m’amuser autant en jouant à Mario qu’à un jeu historique car chercher un cours d’histoire dans un jeu vidéo c’est partir déçu. Globalement, la plupart des jeux d’histoire ont la vérité historique du Puy-du-fou !”

L’histoire en toile de fond pour vendre

Lorsqu’il a découvert que le nouvel Assassin’s Creed permettait d’incarner une femme viking, le sang de Ronan Boëbion n’a fait qu’un tour. “Cela soulève évidemment des questions historiographiques, mais on sait que les jeux vidéos sont en train de se démocratiser” commente ce passionné d’histoire et rédacteur pour Historia Games, un site est spécialisé en jeux vidéos historiques. “Un jeu comme Assassin’s Creed va prendre l’histoire comme une de toile de fond pour vendre.

“La mythologie nordique est à la mode. Honnêtement, je pense qu’Ubisoft a essayé de surfer sur l’engouement créé par la série Viking ou les films Thor de chez Marvel” – Ronan Boëbion

L’arrivée d’une nouvelle génération de consoles ultra-puissantes et le développement des jeux en réalité virtuelle inquiète Ronan Boëbion. “Le risque c’est de vendre un très joli emballage qui laisse croire que l’histoire s’est vraiment déroulé ainsi. Ça sera plus sexy grâce aux nouvelles technologies mais la vision historique restera biaisée”.

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