Mickaël Lebout, tout vient à poing

PORTRAIT – Dix ans après ses premiers pas sur le ring octogonal, le combattant figure en tête d’affiche du premier gala de combat libre en France.

Mickaël Lebout n’a pas de tatouages intimidants, il n’est pas chauve et ne fait pas de combat clandestin. Encore moins depuis que son sport, le mixed martial arts ou MMA, a été rendu légal par Roxana Maracineanu, la ministre des sports. Au placard les clichés sur les combattants d’arts martiaux mixtes, qu’il réserve aux « gens qui n’ont jamais poussé les portes d’une salle de sport de combat ». Certes, Mickaël Lebout se bat. Dans sa catégorie, il est même le meilleur athlète français de “l’octogone’’, ce ring à huit côtés si caractéristiques du MMA. Mais avec son bac+3, il est également ingénieur à la RATP. Deux carrières qu’il mène en parallèle depuis près d’une décennie. L’une par nécessité pécuniaire, l’autre par passion du combat. Deux vies séparées par le « clac clac des portes métalliques qui se referment derrière toi une fois rentré dans la cage ».

Dans sa jeunesse, il avoue volontiers avoir été l’élève bagarreur. Surtout quand il jouait au rugby ou au handball, ses deux anciens sports. Mais sa passion pour la MMA nait dans les gradins d’un vieux théâtre londonien. La fraîche vingtaine, Mickaël était venu assister au combat de l’un de ses amis d’enfance. Il en garde en souvenir « l’ambiance, le show, les combats spectaculaires ». Un moment « artistique de bagarre propre », comme il le définit, qui lui donnera envie d’enfiler les gants pour la première fois à 23 ans. Un âge avancé pour entamer une carrière de haut niveau.

S’ensuivent dix années de baroude aux quatre coins de l’Europe pour pratiquer le sport que son pays natal qualifiait encore d’ultra-violent. Il s’évade de la petite cité de Vitry-sur-Seine qui l’a vu grandir. Pendant ce temps, Mickaël devient “Ragnar » – son surnom de combattant – en participant à une trentaine de combats. Il en gagnera plus des deux tiers, dont une victoire de prestige à l’UFC, la célèbre ligue de combat libre américaine. Dix ans de coups, donnés plus que reçus, qui lui ont permis de figurer en tête d’affiche du MMAGP, le premier gala de MMA organisé sur le sol français le 8 octobre 2020. Le hasard des choses fait que la soirée se tient dans son fief de Vitry-sur-Seine. A 33 ans et après dix ans de carrière international, il découvre pour la première fois la ferveur de “son » public en remportant le combat haut la main.

Si les communautés de fans de MMA grandissent quotidiennement en France, de leur côté, les parents de Mickaël ne mesurent pas la popularité de leur fils. La faute à la jeune médiatisation de ce sport. Eux veulent simplement qu’il arrête de prendre des risques dans une cage. Justement, lui qui songe à raccrocher les gants, entend surfer sur la vague médiatique créée par la légalisation de son sport fétiche. Il fourmille d’idées pour animer le restant de sa carrière. « Pourquoi pas déménager dans un cadre de vie plus rural si j’ai des enfants, ou mener à bien mes projets immobiliers, m’essayer à l’escalade, devenir journaliste sportif MMA, voir même rejoindre la fédération française de boxe ou le ministère ». Il rêve d’ailleurs. Mais chaque chose en son temps, Mickaël Lebout a encore quelques coups de poings à distribuer.

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